A la faveur d'un climat qui se réchauffe, les vignobles réapparaissent un peu partout dans notre pays, de même que l'amandier, une autre espèce fruitière d'origine méditerranéenne, que l'on cutivait jadis chez nous.

L'amandier fut introduit dans nos régions par les Croisés. Durant cet époque appelée 'Optimum Médiéval' par les climatologues, le Nord de l'Europe jouissait d'un climat comparable à celui de l'été 2003. Un peu partout en Belgique, les amandiers, pêchers, muriers, abricotiers et autres figuiers prospéraient dans tous les sites favorables à la vigne qui à cette époque couvrait 40.000 hectares.
Pourvu que le sol soit bien drainé et que l'exposition leur conviennent, certaines variétés d'amandiers particulièrement rustiques, sont cultivés pour leur superbe floraison hivernale jusqu'au Sud de la Suède, dans une région où le thermomètre descend parfois jusqu'à -30° en hiver.
Par contre, pour la production fruitière, nous nous situons à la limite septentrionale de l'aire de culture de l'amandier. Chez nous, les variétés originaires du bassin méditerranéen n'ont aucune chance de porter des fruits, car elles fleurissent beaucoup trop tôt, en février, à une époque où les pollinisateurs sont encore en hibernation.
D'autre part, même s'ils étaient pollinisés par la main de l'homme, leurs fleurs trop précoces n'échapperaient pas au gel. Parmi le grand nombre de variétés d'amandiers, il en existe quelques unes qui fleurissent beaucoup plus tard, à la même époque que les pêchers.
De plus ces variétés sont partiellement autofertiles et en notre pépinière d'Enghien, elles portent chaque année une abondante récolte. Mais il est vrai que leur pollinisation est optimale en pépinière, grâce au voisinage de 5 variétés d'amandiers, 18 variétés de pêchers et 3 variétés de nectariniers.
Toutes nos variétés sont partiellement autofertiles, cela signifie que planter 1 seul sujet n'assurera qu'une récolte symbolique qui se limitera à quelques fruits peu charnus. Néanmoins cette solution peut être retenue lorsque le but n'est pas de produire des fruits, mais de profiter d'une superbe floraison tôt dans l'année.
Dans ce cas, privilégier la Variété STEPHANE, qui est la plus ornementale avec ses très grandes fleurs roses. Si vous désirez cultiver l'amandier pour ses fruits, il vous faudra planter à peu de distance, la variété pollinisatrice FERRAGNES avec LAURANNE ou STELIETTE. La pollinisation sera également assurée par ROBIJN, STEPHANE, un pêcher ou un nectarinier, mais dans ce cas les fruits seront de moindre qualité.
Les variétés
FERRAGNES
Variété principalement utilisée comme pollinisateur pour les autres variétés. Coque tendre, amandon allongé, épais, de très bonne qualité. Petites fleurs blanches.
LAURANNE
Variété partiellement autofertile sous notre climat, mais produit plus de fruits si pollinisé par FERRAGNES. Coque dure, amandon allongé, plat. Petites fleurs blanches.
ROBIJN
Hybride d'amandier et de pêcher, produisant des petits fruits à coque dure. Relativement facile à cultiver pour sa belle floraison rose en mars
STELIETTE
Variété partiellement autofertile sous notre climat, mais produit plus de fruits si pollinisé par FERRAGNES. Fruit à coque dure, amandon allongé, plat. Petites fleurs blanches fin mars/début avril
STEPHANE
Vieille variété locale à très grandes fleurs roses en mars. Superbe. Arbre très sain produisant chaque année de petites amandes à coque dure. Partiellement autofertile sous notre climat, mais produit plus de fruits si pollinisé par FERRAGNES. La variété la plus recommandable pour la culture amateur.